On est des humains, c’est tout ! (chronique de Salwa Tazi)

Mardi 5 Juillet 2016

On est des humains, c’est tout ! (chronique de Salwa Tazi)
On est des humains, c’est tout !
Des êtres humains dont le corps est soumis aux lois de la physique et de la chimie. Des êtres humains dont le corps subit les lois de l’environnement. Un petit dérèglement et Hop ! Nous sommes détruits. Un petit microbe tenace et Hop ! Nous sommes contaminés. Une malchance et Hop ! Nous sommes anéantis. Un sale concours de circonstance et Hop ! Game over.
On est bien peu de choses, vraiment.
Lorsque j’observe une fourmi, je me dis que je peux l’écraser sans m’en rendre compte et je l’écrase sans m’en rendre compte.  Je me dis que je peux abattre une colonie de fourmis en quelques secondes, comme ça, sans état d’âme.
Et les fourmis en pensent quoi ? C’est le dernier de mes soucis. Quelle importance possèdent  ces insectes si minuscules face à la terre? Quelles seraient les conséquences de leur disparition? J’y pense puis j’oublie.
Nous pensons que nous valons mieux que les fourmis, mais que représentons-nous face à l’univers ? Face aux galaxies ? Face aux mille soleils? Face à l’infini ? Quelles seraient les conséquences de notre disparition? J’y pense puis j’oublie.
Ne sommes-nous pas un peu trop prétentieux ?
Nous devrions de temps à autre prendre de la hauteur. Non pas de la hauteur comme on le fait généralement en nous gonflant d’orgueil et de suffisance. Non.  Prendre de l’altitude,  nous élever dans les cieux pour avoir une vue globale, comme un oiseau verrait le monde environnant. Ainsi nous percevrons  et analyserons les choses et les êtres alentours avec plus d’objectivité et plus de relativité. Dans la tradition Amérindienne, les chamans appellent cela, la vision du colibri.
Qui sommes-nous avant tout ?
Sommes-nous seulement un corps qui nous lâche sans préavis, sans avertir? Notre être n’est pas un corps articulé le temps d’une vie.  Sommes-nous uniquement un corps sujet à la maladie, à la vieillesse, aux accidents de parcours, avec comme destination ultime  le tombeau? La mort, serait-elle  notre terminus à tous, sans exception?
Et au suivant !
La bonne nouvelle (si, si, il y en a !) c’est que nous ne sommes pas comme des tambours creux qui se brisent.  Il y a des naissances et des morts, mais la vie n’a pas d’opposé. La vie demeure éternellement. Nous sommes des êtres humains avec un potentiel fabuleux. Nous sommes des êtres de lumière. Voilà notre secret. Notre réalité est belle. C’est cela l’essentiel de notre vie. L’essence-ciel.
Le réalisons-nous ? Le savons-nous ? Cherchons-nous à le comprendre ?
Notre être n’est pas un corps articulé le temps d’une vie. Nous ne sommes pas “jetés-dans-le-monde”sans raison. Nous sommes des êtres humains avec ce souffle bienfaisant qui vibre en nous.  Notre nature est sacrée, elle recèle l’univers. Elle est l’univers tout entier.
On est des humains, c’est tout ?
Pour ne pas vivre emprisonnés dans notre petite vie étriquée, nous avons un choix grandiose à notre portée : nous identifier à ce souffle. Faire un avec lui. Grandir avec lui. Ressentir son langage. Celui de l’amour. Sentir la vibration monter et nous envelopper.  Elle nous ouvre un champ infini de promesses heureuses. Notre cœur  n’est pas fait de pierre. Quelques soient nos croyances, nous avons pour rôle de révéler au grand jour cet amour divin. C’est ainsi que nous  donnons à la vie son sens véritable. Dépasser les limites du corps humain pour nager dans les émotions et voler dans les airs joyeux et libres. Libérés des contraintes corporelles.
C’est celle-ci notre véritable humanité. C’est elle qui redonne foi en l’humanité.
Nous ne sommes pas seulement des corps frêles soumis aux aléas de cette vie terrestre. Nous sommes des créatures spirituelles venues sur terre pour  nous perfectionner, apprendre  nos leçons et appliquer nos devoirs ici-bas. Et si nos corps se cassent au moindre coup de vent,  ce ne sont que  des branches usées, malades ou fragiles qui tombent. La racine, Elle, indestructible, demeure à jamais, plus solide que jamais, plus belle que jamais.
On est des êtres humains, c’est tout et c’est beaucoup.

Salwa Tazi, écrivaine et journaliste marocaine, pour visiter son site, cliquez ici

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